Le bien-être au travail

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, miser sur le bien-être des employés au travail peut aider à réduire l’absentéisme et le taux de roulement, tout en accroissant la productivité.

Il y a déjà plusieurs années , le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) dénonçait que l’industrie touristique peinait à pourvoir les postes disponibles, depuis la pandémie de nombreuses entreprises et pas seulement en tourisme ont elles aussi ce problème.

Plusieurs emplois saisonniers ou à temps partiel sont occupés par de jeunes étudiants. Comment les retenir, saison après saison, année après année ?

Aussi les milléniaux représentent 1 tiers des travailleurs et ont des valeurs différentes dans lesquelles l’équilibre travail et vie personnelle priment.

La solution pourrait-elle tenir en partie dans le bien-être au travail ? D’autant plus que les salariés heureux sont plus créatifs, innovants et investis dans leur emploi que leurs homologues malheureux. Investir dans le bien-être au travail crée un environnement favorable où l’employeur et les employés ont beaucoup à gagner.

des solutions existent

PAS SI HEUREUX QUE ÇA AU BOULOT LES QUÉBÉCOIS

La moyenne québécoise de bonheur au travail est jugée faible par le spécialiste, elle qui se situe 3,81 points sous l’IRB général de 75. C’est donc dire que, globalement, le travail tire le bonheur de la population légèrement vers le bas.

Le taux de recommandation net de l’ensemble du Québec, à savoir la probabilité qu’un employé recommande de travailler pour son employeur, se situe à 4 %, un résultat très faible.

La reconnaissance est l’enfant pauvre du bonheur au travail. Bien qu’elle soit plus fortement évaluée par les moins de 34 ans, elle n’atteint, pour aucun des segments d’âge, la barre des 70.

La rémunération n’est pas le premier facteur mais le cinquième facteur déterminant du bien-être au travail.


Instaurer le bien-être au travail

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Mais de quoi parle-t-on au juste ? Certaines entreprises ont aménagé des aires de repos avec consoles de jeux vidéo, des salles de sport, des espaces conviviaux facilitant les échanges, etc.

D’autres offrent la possibilité d’effectuer des voyages de ressourcement. Ces installations et ces avantages sociaux garantissent-ils le bonheur ?

Pas nécessairement. La perception du bien-être varie d’une personne à l’autre, tout comme les attentes. Certains sont motivés par la compétition, d’autres trouvent leur bonheur dans le travail d’équipe.

Reconnaître les besoins des individus et y répondre permet de favoriser le bonheur au travail. Parmi ceux-ci : les relations positives, la reconnaissance, la croissance personnelle, avec les collègues et les gestionnaires, la rétroaction et le sentiment d’appartenance.

En effet, plusieurs études tendent à démontrer qu’un salarié heureux est plus productif qu’un autre (37% plus productif précisément selon l’édude Happiness and Productivity de l’Université de Warwick au Royaume-Uni). Par ailleurs, Shawn Anchor, l’une des figures majeures de la psychologie positive, déclare dans son livre « The Happiness Advantage » que » le seul véritable atout dans l’économie moderne est une main d’oeuvre heureuse et impliquée « . Allant même plus loin, il ajoute que des études étalées sur une dizaine d’années montrent que « le bonheur en entreprise fait grimper les bénéfices : de 17% pour les ventes, 31% pour la productivité et 19% pour l’efficacité. Par ailleurs, il entraîne également une myriade d’améliorations quant à la santé et la qualité de vie des salariés. »

Par ailleurs, le salaire n’étant plus à lui seul un critère de choix pour les candidats à un poste, l’objectif pour les entreprises qui se dotent de politiques bien-être est de se différencier de leurs concurrents afin d’attirer les talents et surtout de les conserver !

Directeur du bonheur ? Pourquoi pas ?

Cette quête du bonheur au travail a mené à la création d’un tout nouveau poste dans plusieurs entreprises : le directeur du bonheur ou Chief Happiness Officer (CHO).

Lire notre fichier métier :Chief Happiness officer, le garant du bien-être au travail

Le premier poste de CHO a vu le jour dans la Silicon Valley, il y a une quinzaine d’années, et s’est rapidement répandu dans plusieurs jeunes pousses de la région. Sa mission : créer les conditions idéales au sein de son entreprise pour que chacun ait du plaisir à venir travailler.

Aujourd’hui, le CHO a fait son apparition dans l’organigramme de plusieurs compagnies, principalement dans les petites, contrairement à ce qu’on peut supposer. Bien que chaque CHO propose des conditions adaptées aux besoins des travailleurs de son organisation, on peut quand même résumer ses principales fonctions, soit :

  • favoriser la cohésion par la création d’événements de consolidation d’équipe (team building), faire appel à des intervenants en pratiques bien-être, offrir des petits déjeuners, des sorties, etc.;
  • créer une atmosphère de travail positive;
  • maintenir une culture de travail inspirante;
  • favoriser des aménagements de temps de travail (horaires variables, télétravail, etc.);
  • permettre aux employés de s’exprimer librement (boîte à suggestions);
  • mettre en place des services qui faciliteront la vie des travailleurs (méditation, massages, garderie, livraison de paniers de fruits et légumes, changement de pneus, etc.).

Il va sans dire qu’avec cette mission, le directeur du bonheur doit posséder des qualités humaines telles que l’empathie, l’écoute, la patience, le tact et la diplomatie pour inspirer ses collègues.

Il est observateur, organisé et inventif. En véritable médiateur, il sait trouver les mots pour argumenter et tempérer les esprits récalcitrants. Bien que son profil ne soit pas clairement défini dans un cursus scolaire ou professionnel particulier, les experts s’entendent pour dire qu’il doit être issu d’un parcours axé sur les ressources humaines ou les communications.

Faites le test calculez votre indice de bonheur au travail

Créé en 2009, puis amélioré en 2018 par la firme Léger, l’indice de bonheur Léger au travail (l’IBL-T) permet d’évaluer le bonheur des employés en entreprise. Pour ce faire, il se base sur six points.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, miser sur le bonheur des employés au travail peut aider à réduire l’absentéisme et le taux de roulement, tout en accroissant la productivité.

« l’écoute et la consultation des employés, l’implication de l’effectif dans les processus décisionnels et la conciliation travail-vie personnelle » s’avèrent des pistes à considérer.

Enfin, le bonheur est un processus qui doit faire l’objet d’une évaluation continue. Il faut faire l’effort de le mesurer et d’adapter ses stratégies afin de garder ses employés heureux à long terme.

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Et vous ? Êtes-vous heureux au travail ? Faites le calcul ici.
Source(s)
Alt, Ashley. « 10 Top Tips to Create a Happy Workplace & Boost Employee Engagement », snacknation.com, 9 février 2018.
De Baene, Simon. « 10 façons de les rendre heureux} », bluetoad.com, juillet 2017.
Clémentine Jobs. « Fiche métier. Chief Happiness Officer », clementine.jobs.
Charpentier, Marie-Pierre. « Le bonheur au travail, utopie ou stratégie managériale? », blog-santeautravail.com, 9 février 2017.
Gagné, Louis. « Pénurie de main-d’œuvre : milléniaux et retraités dans la mire de l’industrie touristique », ici.radio-canada.ca, 13 mai 2019.
Granger, Raphaële. « Directeur Général du Bonheur, what else? », manager-go.com, 20 janvier 2019.
« Les clés du bonheur au travail », Le Journal de Montréal, journaldemontreal.com, 13 février 2017.
Monfort, Christine. « Qu’est-ce qu’un Chief Happiness Officer? », e-marketing.fr, 22 juin 2016.
Poiré, Anne-Sophie. « Le bonheur au travail, le nouvel incontournable », Le Devoir, ledevoir.com, 16 mars 2019.
Savoie, Marie-Claude. « Comment rendre ses employés heureux ? », jobillico.com, 20 mars 2018.